Le mur de soutènement de votre voisin s'effondre chez vous : qui doit payer ?

SOLOCAL-52072674 • 11 octobre 2026

A propos de l'arrêt de la Cour d'Appel de Montpellier du 18 juin 2026 (RG n° 22/00791)


Après de fortes pluies, le mur de votre voisin s'écroule et sa terre envahit votre terrain. On vous dit : « C'est une catastrophe naturelle, personne n'est responsable. » C'est faux. La cour d'appel de Montpellier vient de le rappeler dans une affaire récente gagnée pour notre cabinet.

Ce qui s'est passé


Notre cliente possède des maisons en contrebas d'un terrain retenu par un mur de gros blocs de pierre. Ce mur venait d'être réparé par une entreprise. Trois mois plus tard, des orages reconnus « catastrophe naturelle » le font céder. La terre recouvre sa fosse septique et abîme l'allée en béton qui mène à ses maisons. Sans fosse septique, les logements ne peuvent plus être loués.


Le propriétaire du mur est responsable


Vous n'avez pas à prouver que votre voisin a fait une erreur. La loi est simple : le propriétaire d'un mur répond des dégâts qu'il cause, même s'il a fait appel à des professionnels.


La pluie n'excuse pas tout


Un mur de soutènement est fait pour retenir la terre, même quand il pleut beaucoup. Ici, l'expert a constaté que le mur était mal construit : pas assez enfoncé dans le sol, trop droit, sans évacuation de l'eau.


La cour a donc estimé que la pluie n'expliquait que 20 % des dégâts. Les 80 % restants sont dus aux erreurs des entreprises, qui doivent payer avec leurs assureurs. La part liée à la catastrophe naturelle est prise en charge par l'assurance habitation de la victime.


Ce que la victime a obtenu


notre cliente a été indemnisée pour le déblaiement de la terre, la réparation de son allée ainsi que pour les loyers perdus. Le voisin doit également refaire le mur.


Les bons réflexes à avoir :


  1. Prenez des photos des dégâts tout de suite.
  2. Faites faire un constat par un commissaire de justice (anciennement huissier de justice).
  3. Prévenez votre assureur sans attendre.
  4. Écrivez à votre voisin par lettre recommandée.
  5. Si rien ne bouge, il faudra demander au juge de nommer un expert.


Chaque situation est différente: Si vous êtes concernés par un litige portant sur une construction, nous sommes à votre écoute pour faire valoir vos droits et mettre en place la meilleure stratégie envisageable.


par SOLOCAL-52072674 • 31 octobre 2026
Fuite, infiltrations, travaux urgents… et un locataire qui refuse d'ouvrir sa porte. Cette situation bloque de nombreux propriétaires. Une récente ordonnance du tribunal judiciaire de Béziers rappelle que le bailleur dispose de moyens rapides et efficaces pour la débloquer. L'article 7 e) de la loi du 6 juillet 1989 oblige le locataire à permettre l'accès au logement pour les travaux d'entretien, de mise en conformité, d'amélioration ou de rénovation énergétique. L'article 1724 du code civil impose aussi de supporter les réparations urgentes, même si elles sont gênantes. En contrepartie, le bailleur doit notifier les travaux à l'avance (lettre recommandée ou remise en main propre) et ne peut intervenir le week-end ou les jours fériés sans l'accord du locataire. Dans cette affaire, un locataire refusait depuis des mois l'accès à sa terrasse, à l'origine probable d'infiltrations chez le voisin du dessous. Nous avons saisi en référé le juge qui a rendu une décision en moins de trois mois : il a enjoint au locataire de laisser l'accès au logement avec une astreinte de 50 € par jour de retard pour l’y contraindre. Il a en outre autorisé l'ouverture forcée par commissaire de justice, avec les entreprises chargées des travaux, si le refus devait persister Le juge a écarté les objections du locataire : un désaccord sur l'origine de la fuite ne justifie pas d'empêcher le diagnostic : Quand un dommage est en cours et s'aggrave, le juge des référés peut ordonner les mesures nécessaires, même en présence d'une contestation. Nos conseils aux propriétaires : - Conservez des preuves du sinistre et de chaque refus (mails, courriers, constats), - Notifiez les travaux par écrit, en précisant leur nature, leurs dates et leur durée. - Proposez des modalités raisonnables : un refus devient alors difficilement défendable. - Agissez vite : chaque mois perdu aggrave les dégâts et votre responsabilité. Votre locataire vous refuse l'accès à votre bien ? Le cabinet vous accompagne pour remédier à cette situation.
par Me frédéric CAUDRELIER • 3 octobre 2026
Révocation d'un fonctionnaire : comment le juge vérifie-t-il que la sanction n'est pas trop lourde ?